Les filles sages vont au paradis, les autres où elles veulent

08 février 2016

Les instants non formulés

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Une femme crochète dans le tram pendant que trois autres sont absorbées par le mouvement régulier de ses mains. Un fonctionnaire jovial tout de gris et de noir vêtu annonce à ses collègues qu’il a avec lui un très beau parapluie, en déployant le minuscule parapluie coccinelle de sa fille au-dessus de sa tête. Un couple qui n’avait pu que remarquer la troupe enthousiaste a confirmé en le voyant sortir du tram : « C’est vrai qu’il a un beau parapluie ». Une femme dit au téléphone : « Je ne vois pas de quoi il se plaint, moi j’aurais adoré avoir le pied cassé à l’école ». Deux ados parlent de leur relation avec leur beau-parent. Ils dosent quotidiennement avec précision manque de respect et remise en question de l’autorité de cette pièce ajoutée. Entre frondes et oppositions se déroulent des récits de violences et mauvais traitements. Et ce n’est pas la personne qui éponge aujourd’hui leur colère qui en est forcément l’auteur-e. Je lis par-dessus l’épaule d’une voyageuse le titre d’un chapitre intitulé : « la grande efficacité énergétique du vélo ». Il pleut des cordes. 

 

Posté par Ness - Thor à 18:17 - Les instants - Commentaires [0] - Permalien [#]

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