Les filles sages vont au paradis, les autres où elles veulent

01 août 2013

Visualise ton étagère!

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Dans un post ou deux, je vais vous dire que je n’ai pas réussi à réaliser tous les objectifs de ma liste de juillet. Normal quand «Gros projet qui n’est pas la thèse» se termine mi-juillet alors qu’il devait se terminer fin juin. Ce qui, car je refuse de faire le deuil de cette échéance personnelle non respectée, s’est transformé dans mon esprit en un mois de juin de 6 semaines et un mois de juillet de 2 semaines. 2013, année au calendrier plein de surprises! 

Néanmoins, je me disais que j’étais très contente de la façon dont j’ai appréhendé le stress du «Gros projet qui n’est pas la thèse», qui demandait de beaucoup beaucoup travailler, une micro-échéance en suivant toujours une autre. Je viens l’écrire ici moins pour m’auto-congratuler publiquement - même si on sait que c’est important de formuler régulièrement qu’on est content de soi pour que cette sensation ne passe pas à la trappe - que parce que je suis reconnaissante envers mes «boss», qui sont plus des accompagnateurs qu’une hiérarchie, de m’avoir laissé faire mes armes sur d’autres projets auparavant. Ce qui ne va pas de soi: concrétiser, quand on est dans le domaine et le rythme éthéré de la recherche, est une qualité qui nous est peu reconnue sur le marché du travail. Je suis donc contente d'avoir pu l'acquérir. Au-delà de ça et plus personnellement, cela m'a aidé dans la gestion du stress.

Je m’explique: avant, lorsque la pression était forte (échéance serrée + grosse quantité de travail + exigences de niveau élevées) et que je devais travailler dur, vite et bien, mon cerveau autant que mon corps morflaient. J’intériorisais le stress et le rythme de travail, qui passaient tous deux par mon corps. Comprendre: sans m’en rendre compte, mes muscles et mes intestins se changeaient en béton armé et j’étais droite comme un "I" devant mon ordinateur, l’estomac qui s’auto-grignote avec en boucle l’idée du «dépêche-toi», «dépêche-toi» (quand tu dois rendre un truc avant 13h et qu’il est 12h30) qui me trotte en tête (provoquant ça et là quelques minutes de panique où mon esprit n’arrive à se fixer sur rien, ce qui équivaut à une perte de temps alors que tu n’en as pas).

Et puis, et je suis pleine de gratitude envers les personnes qui me les ont données et m’ont accompagné lors de leur réalisation, j’ai eu des responsabilités à concrétiser dans l’urgence plusieurs fois depuis le début de mon contrat. Et j’ai concrétisé. Je n’ai par contre pas appris «naturellement», au fur à mesure des expériences, à gérer le stress de l’urgence (ce serait trop facile). Jusqu’à ce que je me prête à un petit exercice de visualisation, qui permet à son tour un exercice de dissociation entre le corps et le travail intellectuel. 

Je me base sur l’idée que travailler dans l’urgence, je l’ai déjà fait. Donc que j’en suis capable, mon cerveau a une mémoire de cette expérience comme de plein d’autres. Je visualise une étagère sur laquelle seraient rangés, comme des livres, les différents rythmes de travail dont je suis capable et que j’ai déjà éprouvé. Ils sont là, je les connais, je sais comment les reproduire. Je visualise d’autre part les échéances. Et je choisis le rythme de travail qui correspond à l’échéance. Je le sors de l’étagère et je l’applique sans m’impliquer physiquement démesurément. Je les fait concorder sans qu’ils ne passent par mon corps. Mon corps, j’essaye de le garder au calme, serein. Je prête régulièrement attention, au cas où la visualisation flancherait, à ne rien contracter. Je prends conscience que ce n’est pas nécessaire. Que je peux juste répondre intellectuellement à la demande et que si, certes, c’est à un rythme soutenu qu’il faudra y répondre, ce qui demandera de gérer après coup en conséquence la fatigue occasionnée, c'est faisable. 

Voilà, je ne sais pas si ça parait farfelu à la plupart, mais c’est comme ça que ça m’est venu. Ça a très bien fonctionné jusqu’au tout dernier jour, où malgré l’urgence et le travail à effectuer, il n’était plus entre mes mains. C’est alors que j’ai réalisé que si niveau gestion du stress, j’avais évolué,  niveau lâcher-prise et confiance, j’avais encore beaucoup de progrès à faire ;)

Posté par Ness - Thor à 10:35 - Mon nombril, entre autres - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Je trouve que c'est une technique très intéressante. Ça se rapproche un peu de ce que j'essaie de faire, même si je ne mets pas d'image précise dessus. J'essaie de me rappeler ce que ça fait quand je travaille de manière détendue, sans urgence. Et, quand je le fais bien, je sens mon corps se détendre aussitôt, comme si j'avais réactivé une espèce de mémoire intérieure.
    Mais ça ne marche pas à tous les coups. J'essaierai volontiers la visualisation la prochaine fois.

    Et sinon, félicitations pour ce gros projet !

    Posté par Au Fil d'Isa, 01 août 2013 à 11:29

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